Sortir de ce labyrinthe sera un mystère pareil à celui qui l’avait conduit ici, pensa-t-il, tandis qu’il poussait la porte du numéro douze.


Deuxième étage, appartement numéro six : l’homme se tenait devant, sur le palier, tâchant de reprendre son souffle pour évacuer l'appréhension qui lui montait à la gorge. Qu’allait-il lui dire ? Qu’allait-il pouvoir inventer afin de recueillir l'adresse de son père ? Employé du Gaz, Fisc, Police ; tous ces prétextes déroulèrent dans sa tête, et avant d’en avoir retenu un, il appuya sur la sonnette, mécaniquement, comme s’il n’avait pas prémédité son geste, comme si une pulsion incontrôlée avait guidé ses muscles. Peu importe, c’était fait, ne restait plus qu'à improviser.


Aux battements de son cœur répondirent comme un écho lointain le son feutré des pas qui approchaient. La porte s’ouvrit en grand et soudain elle fut là, debout, et lui aussi, face à elle. Elle le regardait, circonspecte, et lui, prolongeant cet instant, ne put articuler un mot. – Elle était belle – et ça, il ne s’y attendait pas. Bouche bée, il cherchait en vain une phrase pour engager la conversation, s’ordonnant à lui-même d’improviser au plus vite sous peine de voir la porte se refermer. Alors, pris par la panique d’un visage qui s’assombrissait, il rit. Prise au dépourvu elle aussi, elle eut un sourire et il dit :


L’homme regarda autour de lui et vit, sur toute la longueur des murs, une ligne de sang qu’il avait tracée...