Les Petits Papiers

vendredi 16 février 2007

VIA, Fred Griot

VIA




Il y a des dessins, des images et des poèmes. Émerge alors un matériau comme brut, une évocation puissante et un retour aux mots, appuyés, condensés, pesants, essentiels.



Extrait :

VIA

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mardi 28 novembre 2006

Faisons semblant ! , d'à peu près Lewis Carroll

faisons semblant




On connaît le jeu et la ritournelle des enfants "On dirait que...", "Faisons semblant que..." Mais avec Alice, méfiez-vous, les paroles acquièrent une toute autre dimension.



Extrait :

« Entends-tu la neige contre les vitres, Kitty ? Quel joli petit bruit elle fait ! On dirait qu'il y a quelqu'un dehors qui embrasse la fenêtre tout partout. Je me demande si la neige aime vraiment les champs et les arbres, pour qu'elle les embrasse si doucement ? Après ça, vois-tu, elle les recouvre bien douillettement d'un couvre-pied blanc ; et peut-être qu'elle leur dit : "Dormez, mes chéris, jusqu'à ce que l'été revienne". Et quand l'été revient, Kitty, ils se réveillent, ils s'habillent tout en vert, et ils se mettent à danser... chaque fois que le vent souffle... »

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jeudi 5 octobre 2006

Amarillo, James Benoit

amarillo




Partez à la rencontre d'un homme attachant, de sa rue, de sa ville, de sa vie.



Extrait :

On ne peut pas dire qu'Amarillo soit vraiment sans domicile fixe, puisqu'il dort, vit et habite, en quelque sorte, depuis des années dans la même rue.

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vendredi 14 juillet 2006

Surfaces, Konsstrukt

surfaces

"Surfaces", de Christophe Siébert pour le collectif Konsstrukt.
C'est un homme qui pleure dans son sommeil, il se réveille et rien ne va ; la crise est déjà là, elle va l'emporter. L'écriture de Christophe Siébert est une prose expéditive, lapidaire, elle va droit au but et charrie dans les interstices tout un flot de non-dits qui laisse le texte en surface.



Extrait :

J’éteins mon réveil avant qu’il ne sonne. J’essuie mes larmes.
Le plafond est gris. Sa couleur normale est blanche ; c’est à cause de la pénombre qu’il paraît gris. Il est encore tôt. Je crois. Je regarde le réveil. Il est 6:57. Les chiffres lumineux du réveil éclairent mon visage. Ça m’emmerde. Je débranche. J’ai encore envie de pleurer. Je me retiens.

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jeudi 15 juin 2006

L'Aube du silence, Ronald Tiquet

aube

"L'Aube du silence" (extrait), de Ronald Tiquet.
Des poèmes en "silence" emportés dans le rythme des vers, comme "au vent des chansons sordides de la joie", pour mieux dire la vie qui va et se délite.


Extrait :

La vie
     Comme un cerne sur ton visage
     Ruisseau tari de l'espérance
     Où la fatigue coule encore en torrents infidèles
---
Nous sommes ces enfants perdus qu'on ne souhaite à [personne J'avais l'intention d'être heureux
L'intention seulement


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vendredi 7 avril 2006

Bande-Annonce, Paul Kodama

Bande-Annonce


Où l'on voit une scène dans un café parisien se déporter vers des paysages de Russie, "là où les gens blêmissent à vue d’œil à force de chercher du boulot dans le vent des steppes."



Extrait :

Ce sera un film, ce sera notre film. Toi, une toque d’hermine sur la tête, tu prendras un café dans un bar de la place, en regardant par la vitre la neige tomber et blanchir les pavés. Moi, j’arriverai avec une écharpe autour du cou, tout recroquevillé dans mon parka et m’assiérai à tes côtés pour annoncer la mauvaise nouvelle.
– Ils m’ont pas pris parce que j’ai pas le permis de conduire!

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lundi 13 mars 2006

"Matinée d'ivresse", Arthur Rimbaud

matinee d'ivresse




Voilà une invitation au déréglement des sens, et cette promesse "d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal". Ce texte est extrait des "Illuminations", recueil publié en 1886. Cette édition utilise la police de caractère "Rimbaud", laquelle a été mise en place à partir de l'écriture manuscrite de Rimbaud. Vous aurez donc là, un sincère mais faux manuscrit, comme s'il était écrit de la main même du poète.



Extrait :

O mon Bien! O mon Beau! Fanfare atroce où je ne trébuche point! Chevalet féerique! Hourra pour l'oeuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines, même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie.

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mardi 15 novembre 2005

"Conte de Noël", Emmanuel Martin

Conte de noël


Une histoire de souvenirs qui retrace un univers étonnant, un paysage trouble, une maison quasi-irreprésentable, une vie en pointillés, et pourtant les images et les émotions affleurent à la lecture, plus réelles encore. Je ne saurais en dire davantage car il reste dans ce texte un quelque chose de beau que je ne peux arriver à exprimer.

Ce texte a été publié la première fois sur Kafkaïens Magazine : la page d'Emmanuel Martin.
(c) Kafkaïens.org pour le texte.



Extrait :

23 décembre.
Je me souviens d'une maison sans étage. La mer n'était pas loin. Entre elle et nous, il y avait de la terre sèche et de grands arbres que le vent salé pliait à sa guise, bien qu'au matin ils paraissent sans cesse plus droits qu'au premier jour.

Je me souviens aussi que ces arbres étaient toujours verts, d'un vert de cristal sur la terre blanche et sèche.

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jeudi 3 novembre 2005

"Le prêtre crucifié", Anonyme

pretre


Ce texte est un fabliau du XIIIème siècle. En quelques mots, les fabliaux sont des "contes à rire" colportés à l'époque par les trouvères. Leur univers est très éloigné de la "fine amor". On y retrouve surtout des histoires de tromperies, adultères, etc. Ici, l'amant est dans le placard, éternelle situation comique.



Extrait :

Je veux commencer une histoire
que j’ai apprise de monsieur Rogier,
un artisan libre, un homme bon,
qui savait bien sculpter les statues
et bien tailler les crucifix :
ce n’était pas du tout un apprenti ;
au contraire il sculptait très bien.
Or sa femme s’était
éperdument éprise d’un prêtre.

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jeudi 13 octobre 2005

"Au potentiel", CLB.

au potentiel

Correspondance fictive mais détournée où affleure l'absence de l'autre, l'absence d'une chair que les mots cherchent à pallier.



Extrait :

Et le désir de vous revient au désir sans objet dans l’inconnaissance de votre visage, dans l’inconnaissance de votre corps. Je n’ai qu’un parfum lourd d’homme, je suis dans le défaut de votre peau.

J’écris à l’avance ce jour de soleil où je sortirai un peu échevelée de la bouche du métro. Vous m’attendrez à la terrasse de ce café, le regard dans le vague du boulevard.

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jeudi 29 septembre 2005

"Corniche", Hervé Grillot

corniche


Voyez la danse trouble qui se joue dans ce texte. Non-dits, drames en suspens, évocations, émotions ; le tout pris dans la ronde des mots.



Extrait :

Dar el-Beïda
Casablanca

Ça commence comme une rumba, au fond, derrière le bruit des voitures qui passent, un bruit de fond qui fait qu’on marche en oscillant des hanches, qui font qu’on roule jusque de l’autre côté, au parapet du boulevard du bord de mer, là où la mer, sur le sable, imite le bruit des congas, là où les vagues, sur les roches noires, se gênent et se bousculent, là où le rocher, tel Atlas, supporte le restaurant aux lumières étincelantes, là où Tino, depuis toujours, commence à geindre en demi-ton sa rumba, avec trois cordes de violon sur quatre, bancale.

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mercredi 7 septembre 2005

"L'Aurore aux doux doigts roses", Tef

Il y a des jours où l'on aimerait s'accrocher à quelques morceaux de rêves.



Extrait :

"Il avait bien remarqué ce matin les couleurs étranges par la fenêtre, les odeurs fiévreuses de la terre après la nuée d’orage, la lumière rose d’un soleil déjà levé, et le temps qui oscillait entre éclats et ténèbres. Il avait aussi et surtout entendu la sonnerie métallique du réveil"

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