Dans
la série I have a dream, sauvons le monde en
toute humilité.
Les coccinelles sont-elles une menace
pour
l’humanité ?
Dans son rapport
annuel,
l’O.M.S. ne mentionne nulle part la
menace que représentent les coccinelles. Et pourtant, comment ne
pas
s’inquiéter quand on sait par ailleurs le potentiel destructeur
de celles-ci.
Oui, proclamons-le au haut et fort, des millions de gens sont en danger
de mort
imminente par arrêt du cœur. Et l’arrêt du cœur
étant la première cause de
mortalité en France, on ne peut que s’inquiéter du
phénomène.
Pourquoi
s’effrayer d’une
coccinelle, me direz-vous, elles
qui sont si gentilles et si inoffensives. Détrompez-vous, elles
sont un fléau
pour nos chérubines et nos chérubins. Quelque
écologiste me reprochera sûrement
de chercher la petite bête là où elle n’est pas.
Certes oui, je l’avoue, et
c’est tant mieux, il n’y a rien de plus dangereux qu’un ennemi qu’on
ignore.
Tant que Napoléon ne pointait pas son bicorne sous Bonaparte,
qui aurait parié
qu’il enverrait des milliers de nos aïeux se noyer dans la
bérézina en
hurlant comme se doit Aïeu tandis que l’eau glacée
éteignait à petit feu
la flamme de leur frêle vie déchue ? Alors bon, je vous en
prie, cher lecteur,
cessez de m’interrompre à tout bout de champ.
La coccinelle
est un des insectes les mieux méconnus. Du moins elle
bénéficie d’une
réputation terriblement faussée car des crimes sont
commis par cet insecte
pernicieux, en toute impunité et à la barbe des
médias. Ensemble, ayons
enfin le courage de crever l’abcès, écrasons la
coccinelle pour mieux voir ce
qu’elle a vraiment dans le ventre.
Sous
une parure bicolore
ridicule passée de mode depuis
l’arrivée de la couleur à la télé en 1534
après Tibère ( Tibère est aux tibériens
ce que Jésus Christ est aux chrétiens, la croix en moins,
les clous également ;
« tibérien pour attendre » dit-on chez
nous-autres car je suis
évidemment d’obédience tibérienne mais avec un
soupçon de bouddhisme
antillais), la coccinelle, disais-je, est le fléau de la
jeunesse, un véritable
génocide en devenir. Difficile à croire et pourtant, le
très consensus remporté
par l’insecte n’est-il pas propre à nous intriguer ? Tout
le monde l’aime
et cette réputation elle-seule est beaucoup trop euphorique pour
être tout à
fait honnête.
Ouvrez les yeux,
méfiez-vous de ce petit insecte tout joli
qui fait s’esbaudir les enfants de tous âges. Eh quel âge
elle a la chtite
cossinelle ? Oh elle a cinq points noirs. Oh elle s’envole,
regarde !
Qu’est-ce qu’elle est trop rigolote ! En d’autres lieux elle prendra
l’apparence quelque peu désuète d’un personnage de dessin
animé toujours gentil
et souriant. Petite bête à bon dieu, dit-on
encore. Et puis, avec ses
airs d’auxiliaire entomophage, elle est l’amie des jardiniers chaque
fois
qu’elle mange un puceron. Là, je dis Halte, ce flot doucereux
d’excellence est
une supercherie subversive.
J’en veux
pour preuve ce petit regard chafouin aux prunelles blanches... Non, ce
ne sont
même pas des vraies : ces vrais yeux sont en dessous, tout
petits. C’est
un masque que ce regard à prunelles blanches, un
déguisement, une mascarade.
Elle a des choses à cacher notre petite coccinelle et ceci doit
nous mettre la
puce à l’oreille.
On
abreuve nos enfants
d’une image par trop idyllique, et
pourquoi ? En quoi la coccinelle serait-elle plus gentille qu’un
crapaud,
je vous le demande. Evidemment personne ne remet en cause le statut de
la
coccinelle car la tradition est séculaire.
L’exégèse biblique l’a biffé par la
suite mais à la proposition : « Que celui
d’entre vous qui est sans
péché lui jette le premier une pierre »,
c’est une coccinelle qui le fit, justifiant ainsi son titre de bête
à bon
dieu qui n’a jamais rien fait de mal. Mais pourquoi une telle
mystification ? On ne s’étonnerait guère qu’il y ait
derrière tout cela
quelques manœuvres malintentionnées pour mieux manipuler notre
conscience
collective.
Ayons
les
pieds sur terre, la coccinelle, elle vole. Et par ces temps
d’insécurité,
n’est-il pas de bon ton de se méfier de ce qui vole ?
Oui,
il
est grand temps de rétablir quelques vérités sinon
qu’adviendra-t-il ? Au
nom des coccinelles on fabrique déjà du rêve
doucereux pour endormir nos
enfants et demain quoi d’autre ?... des voitures
peut-être ? Stoppons
là l’épidémie, écoutons la voix du
sage :
Victor
Hugo, grand poète
voyant et grand romantique s’il en est, nous prédisait la
fourberie légendaire
de la coccinelle dans un poème trop peu
célèbre:
"...
Les bêtes sont au bon Dieu ;
Mais
la bêtise est à l'homme."
Serions-nous
plus bêtes que la bête à bon Dieu ? Observons
l’insecte d’un autre oeil et
voyons comme une évidence : du rouge et du noir. Ceci n’est
pas sans
rappeler l’œuvre de Stendhal, Le rouge et le noir. Plus qu’une
coïncidence, c’est une cause profonde. Non ? Quel rapport me
direz-vous ? Mais c’est du romantisme à plein nez que nous
insufflent ces
bestioles. La nature a copié l’art pour mieux subvertir nos
esprits, nous
jetant sans cesse à la figure, sous des contours innocents, des
flots de romantisme
inconscient qui nous poussent insidieusement à s’en aller
méditer au haut d’une
falaise, mélancolique, les cheveux au vent, le regard perdu dans
l’azur. Et
là... et là... pris d’un vertige très romantique
lui aussi, on glisse, on perd
pied, et on se fracasse 25 mètres plus bas sur une roche
saillante. Là, il est
là le projet des coccinelles enfin
révélé au grand jour : elles ont mis en
œuvre une énorme entreprise de subversion inconsciente pour
amener notre
jeunesse sur des pitons rocheux d’où ils et elles pourront choir
à volonté.
Laisserons-nous ainsi déchoir une autre
génération ? Laisserons-nous
ces insectes diaboliques détourner nos concitoyens des vraies
choses de la vie
sans réagir ? Non ! Halte à l’insectophilie, ce
syndrome mieux connu
sous le nom de coccinelliose et qu’on dira foudroyante
si l’on a
peur de l’orage, galopante si l’on a peur des chevaux. (rayez
la mention
inutile)
Elles
arrivent, elles grondent déjà dans nos campagnes,
Sus
aux
coccinelles !!!
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Stéphane
Martin
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