Kaput

Dans la série «Oh une commémoration !», receuillons-nous en silence.



Centenaire de la relativité



Au beau milieu d'un clair de lune, Neil Armstrong et ses amis à têtes d'aquarium s'évertuaient à améliorer leur swing, ultime exigence d'une administration en guerre contre les golfeurs à culottes rouges, lorsque Albert Einstein débarqua comme un cheveu sur la soupe. Voui voui c'est possible, il faut admettre pour cela que les cheveux ont des jambes ou encore qu'Einstein est un cheveu. De toute façon, comme il le dit lui-même, c'est relatif. Vaguement perturbé par cette arrivée impromptue, Neil jeta un oeil exorbité sur sa montre avant de crier :

- Mais qu'est-ce tu fous là monsieur, t'es mort depuis 13 ans ?
- Hier et aujourd'hui, ici ou là, tout cela est relatif. Et vous vous êtes faites quoi ?

Mais Neil ne l'écoutait plus, trop occupé qu'il était à chercher dans la poussière son oeil qu'il venait de jeter, un peu trop violemment, sur sa montre. Buzz l'Eclair allait l'écraser par inadvertance mais il le manqua, alors il s'y reprit à deux fois et, par inadvertance toujours, on entendit Splwouah !!! Neil Armstrong n'eut même pas mal, et c'est d'ailleurs à ce moment-là qu'il comprit qu'un jeu de mots, ça fait pas mal. Du coup, il put répondre à Albert qui s'impatientait un peu de toutes ces longueurs, ne précisant pas s'il s'agissait de l'histoire ou bien de cette phrase qui décidément n'en finit pas de finir alors que chacun sait qu'elle n'a pas de raison d'être et qu'on ne risque plus d'y apprendre grand-chose d'intéressant si ce n'est peut-être le mystère de la vie, ou pas. Bref, Einstein s'impatientait, Neil répondit :

- Bah on fait un petit pas pour l'homme mais un grand pour l'humanité.

Et tous éclatèrent de rire comme seules les otaries savent le faire. Une fois remis de leurs émotions, ils concédèrent volontiers que cette blague trop récurrente commençait à leur récurer le cerveau et qu'elle n'était pas tout à fait drôle, ce qu'Einstein approuva d'une moue où l'on pouvait lire " l'humour, c'est relatif." Comme il l'avait écrite au marqueur, on le gratifia du titre de " débile indélébile ", avec des assonances et des allitérations à en faire pâlir Verlaine. Et Na !

Avec tout ça on en oublierait presque le fil de notre histoire qui continue, elle, comme si de rien n'était et au risque de le perdre, son fil. En pareille circonstance, le poète dira " Ô Temps, suspends ton vol " et on lui répondra " Ta gueule " avant d'utiliser la fameuse éclipse de lune qui permet de faire de jolies ellipses dans ce récit, et en plus c'est vachement plus poétique.

Neil dit à Albert :

- Tiens, l'intello, bah pendant que t'es là, dis-moi comment je fais pour mettre la balle dedans le trou.
- En théorie, il faut une parabole, avec ou sans arabesque au milieu, d'une incidence de 24 degrés Celsius, avec une accélération originelle de 12m/s². Mais c'est relatif, suffit d'un quanta mal luné pour précipiter la balle dans un vortex spatio-temporel. Selon mes calculs rénaux, elle atterrirait exactement sur un échiquier, le jour de la première victoire d'un amerlaud qui s'appelle Bobby Fisher sur le russe Machinchkine. Un tel événement ne manquera pas de changer la face de la guerre froide et donc par contagion atomique, celle du monde. Mais bon, tout cela est relatif.
- Relatif mon cul, ajouta Neil Armstrong en décochant un coup majestueux qui projeta la balle directement...


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