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Une définition pour la littérature électronique
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Inscrit le: 20 Déc 2004
Messages: 676

MessagePosté le: Ven Fév 16, 2007 11:30 pm Répondre en citant
Matthew G. Kirschenbaum en a marre qu'on lui demande "qu'est-ce que la littérature électronique ?", alors il donne une définition simple :

Citation:
"De la poésie, de la fiction ou tout oeuvre littéraire qui dépend du comportement, de l'aspect visuel et des propriétés matérielles propres aux ordinateurs, aux réseaux informatiques et aux codes pour sa composition, son exécution et sa réception.

Ce que j'aime de cette définition tripartite, je suppose, c'est que je crois qu'elle arrive à capter les rôles mutuels des auteur, lecteur et machine, de même que des aspects des ordinateurs à titre de plateforme, d'écran et de média. (Bien sûr, d'autres questions se posent, comme ce qu'est la littérature et ce qu'est un ordinateur.)"

http://www.otal.umd.edu/~mgk/blog/archives/000914.html
traduit par le labo nt2



Bref, rien de neuf dans la définition de Kirschenbaum mais elle fixe au moins un caractère de la littérature électronqiue :

Le "électronique" ne désigne que le côté socio-technique ; et puis c'est tout ! Mais comme cette spécificité concentre l'attention des lecteurs (voire des auteurs Confused ), on se borne à n'y voir que cela. Imaginons une seconde qu'on applique la même distinction pour la littérature générale : on parlerait alors de littérature "matérielle", "livresque", ou encore "à papier". Si ce n'est sur ce forum, on ne le fait pas, parce qu'on s'en moque du papier. Bizarrement, la littérature électronique a beaucoup de mal à s'extraire de son support... parce qu'elle est expérimentale ? par manque d'usage ? d'habitude ? parce qu'elle n'a pas rompu le cordon ombilical ?

Certains esprits chafouins diront même qu'elle contient beaucoup d'électronique et très peu de littérature, ils n'auront sans doute pas tout à fait tort, et quelquefois, parfois, il m'arrive d'être chafouin.


J'aime bien le dernier commentaire : "d'autres questions se posent, comme ce qu'est la littérature et ce qu'est un ordinateur". Ce qui questionne, offusque, effraie, interpelle dans la littérature électronqiue, c'est bien souvent la littérature elle-même, la définition qu'elle se donne, et les thèmes qu'elle chevauche : l'unité de l'oeuvre, la brièveté, le parcours de lecture... ce sont là des questions de littérature. J'ai encore en mémoire et en marque-page cette question qu'on posait à R.Jauffret et A.Mnouchkine (retranscrit par Berlol, merci à lui) :

Citation:
Frédéric Taddeï :
« Aussi bien "Les Éphémères" que "Microfictions" sont des récits qui n'ont pas de centre. Et je me dis : Internet non plus n'a pas de centre. Nous sommes tous égaux sur Internet. Est-ce que ça n'est pas pour ça, justement, que de plus en plus d'artistes pourraient être tentés de nous raconter des histoires de cette façon-là ? Comme ça, de prendre des fragments, des individus, des moments donnés, les mettre bout à bout pour raconter la foule, pour raconter l'humanité ?

Ariane Mnouchkine :
— Je ne sais pas. peut-être qu'il y a influence. Moi, je n'ai pas l'impression que c'est Internet qui nous a influencés. En fait, vous savez, c'est difficile de dire honnêtement par quoi nous sommes influencés. Peut-être aussi que c'est une sorte de maturation. Peut-être que moi j'ai fait cette proposition aux comédiens parce que j'avais l'âge que j'ai maintenant et pas l'âge que j'avais il y a vingt ans. Peut-être que l'on sent aussi l'éphémère, on sent aussi ceux qui sont les instants précieux, les moments qu'il ne faut surtout pas surtout pas ne pas vivre, ou ce qu'il faut éviter dans telle petite crise [?], duel qui s'installe comme ça en quelques secondes et qui n'apportera à notre vie... rien.

Régis Jauffret :
— Juste un petit mot, là-dessus. Je pense en réalité que s'il y a beaucoup de fragments à l'heure qu'il est, soit dans le théâtre, soit dans le cinéma, soit dans la littérature, je pense que c'est beaucoup plus, euh, pour le coup, dramatique qu'on ne l'imagine. C'est parce que, en réalité, le sens, on l'a perdu ; la logique, on la connaît pas. Et ça, je pense que c'est grave parce que... on est un peu comme des enfants perdus dans cette époque. C'est-à-dire qu'on voit des choses, on voit des petites scènes qui s'éclairent, des petits éclairs, des petits flashs, et on n'arrive pas vraiment à relier les choses les unes aux autres. Dans le roman, dans le théâtre, dans le cinéma, il y a quand même quelque chose qui a un rapport avec la narration globale, c'est-à-dire de tout arriver à enfiler ses perles sur une même corde, sur un même fil, et je crois qu'on l'a perdu, le fil, on n'a plus que les perles. Et ça, je crois que plus maintenant, aujourd'hui. Je ne suis pas en train de jeter un anathème, j'ai toujours un langage un peur dur, mais je veux dire aujourd'hui, presque, qu'un artiste honnête, finalement, en est réduit aux miettes et en est réduit aux fragments. C'est un peu comme si les rivières de diamants n'étaient plus à notre portée, on n'a plus qu'une volée de diamants. C'est-à-dire que vous allez voir votre fiancée, au lieu de lui offrir un écrin, bah vous lui jetez une poignée de diamants à la figure. Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque, actuellement, et la situation de l'art, telle qu'elle est. Je pense que c'est une situation générale de l'art, pour moi.»

source

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MessagePosté le: Lun Fév 19, 2007 11:22 am Répondre en citant
J.P. Balpe, parlant de quelques oeuvres électroniques, a écrit:


"La littérature électronqiue a comme moteur principal l'abandon des contraintes matérielles trop limitatives du livre pour la recherche d'espaces d'expressions plus ouverts permettant des approches qui, sans l'ordinateur ne seraient pas possibles".

[...]

"La venue toujours annoncée pour demain de l'encre et du livre électronique devrait pouvoir donner une plus grande impulsion à tous ces travaux".

http://hyperfiction.blogs.liberation.fr/hyperfiction/2007/02/littrature_lect.html

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MessagePosté le: Mar Fév 20, 2007 2:24 pm Répondre en citant
C'est quoi, les grands chocs littéraires qui te marquent à vie ? Une voix. Une voix qui raconte ce qu'elle voit. Avec une telle vibration qu'on est obligé de la croire pour au moins le temps de la lecture. L'Odyssée. Don Quichotte. La comtesse de Ségur. Rabelais. Moby Dick. Colette. René Guillot. Shocked
Rimbaud, pour ne pas parler que du roman.
Il y a un fil, un sens. Différent à chaque lecture, mais qui s'impose pour cette durée.
Pas question de se défiler : le monde n'a pas de sens ? OK, je vais donner ma vision.
Aujourd'hui, les anglophones font ça ( Coe, Rushdie, Dylan ) sans complexe. Quelques francophones (Chamoiseau... des suggestions ? ).
Mais ce dont parle Jauffret, c'est tout simplement de la peur : la peur de donner un sens au monde dans un siècle brouillé par la circulation apparemment brownienne des messages ("apparemment" parce qu'en fait elle est logiquement organisée).
C'est facile d'accumuler les petits faits vrais. Le boulot de l'écrivain, c'est de les orchestrer.
Nous ne sommes pas plus perdus au XXIe que ne l'était Montaigne devant les guerres de religion ou Bardamu devant la Première Mondiale. Yaka l'écrire.
Cool
Non mais des fois !

PS : je n'ai rien contre Jauffret Razz
 
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MessagePosté le: Mer Fév 21, 2007 10:23 am Répondre en citant
ça n'est pas que le monde soit plus bordélique que jadis mais aujourd'hui, ça se voit, ça saute à la figure et je comprends qu'on renonce à UNE vision du monde, sachant d'emblée qu'elle ne saurait embrasser le monde avec justesse, n'ayant que la valeur de la subjectivité pour elle. Cette envie (peur ? résignation ?) de dire le monde tel qu'il est, ce sentiment d'y être perdu, de ne plus le comprendre, la difficulté d'y plaquer un sens ; je l'aime bien aussi. C'est au fond une vision du monde bien singulière et qu'on peut ajouter aux florilèges des voix qui nous charment. Jauffret prend soin de ne refléter que son propre opinion, "Je pense que", "Voilà c'est un peu l'impression que me donne l'époque".

Et moi non plus je n'ai rien contre Jauffret.




petit bonus pour le plaisir a écrit:
"A force de déambuler d'un bord de l'ombre à l'autre, on finissait par s'y reconnaître un petit peu, qu'on croyait du moins... Dès qu'un nuage semblait plus clair qu'un autre on se disait qu'on avait vu quelque chose... Mais devant soi, il n'y avait de sûr que l'écho allant et venant, l'écho du bruit que faisaient les chevaux en trottant, un bruit qui vous étouffe, énorme, tellement qu'on en veut pas. Ils avaient l'air de trotter jusqu'au ciel, d'appeler tout ce qu'il y avait sur la terre les chevaux, pour nous faire massacrer."

Bardamu perdu mais lucide in "Voyage au bout de la nuit"

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